Le Progrès Technique

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La NSA (National Security Agency) habituellement si secrète a fait parler d’elle dernièrement avec le scandale des écoutes des puissants de ce monde, notamment du chef de l’Etat français. Ce dernier n’a pourtant pas exploité l’avance de son pays en cryptographie. Il s’agit d’une discipline discrète (ce qui semble normal) et méconnue (notamment du numéro un français) où la France est leader.


Brouiller la NSA par la cryptographie
La France comme d’autres pays européens se sont vus espionner (bien malgré les protections mises en place) par la NSA américaine. Tout échange était donc inspecté au péril de la confidentialité stratégique pour les pays victimes mais également pour les échanges personnels des personnalités qui ont eux aussi droit à la protection de leur vie privée. C’est tout de même un comble que les conversations entre le chef de l’État et la première dame de France soient écoutées. Il est vrai que la NSA n’a pas l’habitude de nourrir la presse à scandale, ce qui semble un moindre mal, mais tout de même. Ces problèmes sont anciens et récurrents, puisque au XVIIIe siècle, Marie-Antoinette prenait déjà la précaution de crypter ses billets et missives, notamment dans le cadre de sa correspondance sentimentale avec le comte Axel de Fersen (source pour la science).

Et pourtant, la France possède une équipe de recherche CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) sans commune mesure pour éviter toute interception d’écrits ou d’échanges verbaux sensibles. Valérie Nachef, de l’Université de Cergy Pontoise vient justement de terminer son HDR (Habilitation à Diriger des Recherches) sur la thématique de la cryptographie. Et elle n’est pas toute seule pour connaître à fond les secrets de cette discipline scientifique très compliquée, où les mathématiciens sont rois, puisque d’autres universités françaises sont très en pointe sur le sujet.

Sans doute, l’État français comme les entreprises du pays ont sous-estimé ce problème qui peut se révéler bien embêtant pour préserver les trésors de guerre et les intentions d’une nation. Et pourtant, sans réelles affirmations officielles, les voleurs d’informations ne peuvent pas vraiment agir. Effectivement, avec les nouveaux moyens de communication, la cryptographie prend tout son sens. Il ne suffit plus de décaler de trois positions les lettres de l’alphabet dans un texte comme l’effectuait Jules César, mais bien d’utiliser des techniques plus sophistiquées qui font appel à la théorie mathématique aléatoire ou au traitement des problèmes complexes. Autant de sujets stratosphériques qui méritent l’attention de nos élus qui représentent notre pays ; et surtout leurs utilisations multiples pour avancer davantage dans cette discipline scientifique et ne plus se retrouver au cœur d’un malencontreux scandale politique qui pourrait dégénérer en histoire de jupons.

Cité dans cet article: : industrie innovation R&D stratégie