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Le Bulletin épidémiologique hebdomadaire de l'Institut de Veille Sanitaire, INVS, publie dans son édition du 23 juin, un article relatif à la souffrance psychique avec le travail.


Burn-out et maladie professionnelle
Le 24 juin dernier, le Sénat retirait le burn-out de la liste des maladies professionnelles. A l’occasion du débat en première lecture, l’Assemblée nationale avait inscrit dans le projet de loi sur le dialogue social que les maladies psychiques pouvaient être reconnues comme maladies professionnelles. Cependant, l'article publié par l'INVS indique que "la souffrance psychique en lien avec le travail prend de plus en plus d’importance dans les pathologies d’origine professionnelle. Or, celle-ci ne figure dans aucun tableau de maladie professionnelle reconnue par les différents régimes de sécurité sociale."
 
L'article explique qu'"à partir des données issues du Programme de surveillance des maladies à caractère professionnel (MCP), les taux annuels de prévalence de la souffrance psychique en lien avec le travail ont été calculés par les chercheurs pour la période 2007 à 2012. Des régressions logistiques univariées et multivariées ont été réalisées pour tester l’association entre la souffrance psychique en lien avec le travail et l’âge, la catégorie sociale et le secteur d’activité."
 
Les résultats montrent que "le taux de prévalence de la souffrance psychique liée au travail était 2 fois plus élevé chez les femmes que chez les hommes, quelle que soit l’année (3,1% chez les femmes contre 1,4% chez les hommes en 2012). Ce taux a augmenté sur la période 2007-2012, aussi bien chez les femmes que chez les hommes. L’âge et la catégorie sociale étaient fortement associés à la souffrance psychique, contrairement au secteur d’activité. L’augmentation des taux de prévalence de la souffrance psychique en lien avec le travail sur la période 2007-2012 s’accompagne d’une dégradation constatée des conditions de travail et d’une médiatisation croissante de cette problématique. Les secteurs d’activité semblent impactés par la souffrance psychique au travers de leur pyramide sociodémographique."
 
Un article du Monde relève que "La commission des affaires sociales de la Haute Assemblée a retiré cet amendement et les sénateurs, en majorité à droite, ont rejeté des amendements de rétablissement déposés par la gauche et le gouvernement. Pour Jean Desessard (écologiste), auteur de l’un de ces amendements, « le burn-out touche de très nombreux salariés et le législateur se doit de mettre en œuvre les moyens de lutter contre ce mal ». François Rebsamen, le ministre du travail, a souligné que le gouvernement est « très attaché » à cette disposition qui constitue « un progrès important dans la reconnaissance de situations de burn-out, qui s’accompagnera d’un accent très fort mis sur la prévention ». L’examen du texte, prévu jusqu’à vendredi 26 juin au Sénat, sera suivi d’un vote solennel le 30 juin. II sera suivi d’une commission mixte paritaire (CMP, 7 députés, 7 sénateurs) chargée de trouver une version commune aux deux chambres. En cas d’échec, c’est l’Assemblée qui aura le dernier mot."
 
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