Le Progrès Technique

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L'essentiel de l'information industrielle du moment

Dans un contexte de crise où l’industrie est considérée déclinante sur le territoire français, il un leader français prend le contre-pied de cette tendance. Historiquement fondé sur une spécialisation dans l’industrie lourde, le groupe CNIM, aujourd'hui à la pointe de l’innovation, est parvenu à incarner en quelques décennies non seulement un modèle de recherche et développement, mais aussi une leçon de gouvernance stratégique. Explications.


Comment CNIM a fait de l'industrie lourde un modèle de R&D
De l’industrie lourde à l’industrie de pointe

L’histoire du groupe CNIM (Constructions Industrielles de la Méditerranée, anciennement Constructions Navales et Industrielles de la Méditerranée) prend ses racines en 1856. A cette époque, Napoléon III appuya la création de celle qui fut la première entreprise de construction navale française au bord de la Méditerranée (alors connue sous le nom de Forges et Chantiers de la Méditerranée). Mais cette spécialisation souffrit un siècle plus tard du déclin de la construction navale. En 1966 le groupe familial Herlicq reprit l'entreprise qui devint alors CNIM. Anticipant les remaniements qu'allait connaître l'industrie lourde en France, CNIM diversifia ses activités. Cette reconfiguration se traduisit concrètement par une stratégie cohérente de croissance externe à partir des années 80 : Babcok Entreprise (1989), Groupe Wanson (1989), Sacom (1992), LAB S.A. (2001), Groupe Bertin (2008), Biotech Centre et IDPS Pharma (2009)... Jusqu'à en devenir un rouleau compresseur technologique. C'est en développant les synergies industrielles entre ses différentes branches que CNIM prit conscience qu’il ne pourrait préserver son avantage sur la concurrence qu’en restant à la pointe de ses différentes spécialisations. Par-delà les stéréotypes imputant à l’industrie lourde une certaine inertie, le groupe maintint cet objectif en faisant de la R&D, non pas un simple discours de marque, mais un coeur de métier à part entière. Et Nicolas Dmitrieff, le petit-fils du fondateur de CNIM aux commandes du groupe depuis 2009, revendique une orientation technologique toujours plus en amont des problématiques industrielles et sociétales, notamment dans les domaines de l'environnement et de l'énergie.

Quand « innover » n’est pas qu’un leitmotiv

C'est en rupture avec l'idée que l'on se fait en général de l’industrie lourde, que le groupe CNIM maintient son niveau de compétitivité sur tous les fronts en faisant de l’innovation un élément à part entière de sa culture d’entreprise, voire ce qui caractérise tout simplement "l'ADN" de l'entreprise. Ce code génétique transparaît derrière les cinq valeurs véhiculées par CNIM auprès de ses collaborateurs :
Le savoir-faire : il est non seulement le fruit de l’acquisition de connaissances mais également sans cesse mis en perspective et amélioré par le processus de recherches innovantes ;
La continuité : le savoir-faire interne permet la pérennisation des activités et le développement de la compétitivité ;
La créativité : elle associe non seulement l’imagination et l’audace au quotidien, mais également la capacité à agir pour répondre aux défis technologiques ;
La réactivité : l’efficacité face à toute situation, qu’il s’agisse d’une opportunité ou d’un risque, constitue un rouage essentiel du dynamisme de CNIM ;
L’engagement : il s'exerce auprès des clients à travers leur écoute et l’anticipation de leurs besoins, de même qu’à travers l’accompagnement permanent des collaborateurs.
L’innovation se retrouve donc à tous les niveaux : dans le savoir-faire et sa continuité qui s’appuient sur la créativité et la réactivité du groupe CNIM, tout en témoignant d’un réel engagement tant auprès des clients que des collaborateurs.

Un modèle de R&D pour l’industrie lourde

Le groupe CNIM a fait le choix de miser sur la R&D pour générer ce qui fonde son avantage compétitif. Plus encore, la R&D permet de tisser des liens étroits et inattendus entre technologies de pointe et industrie. L’introduction de ces technologies d’avenir dans l’industrie lourde a plusieurs conséquences directes pour l’entreprise. Dans un premier temps les activités du groupe bénéficient d’un capital technologique, source d'inventivité et de performance dans le temps: CNIM a fait le choix d'évoluer en concomitance avec les avancées de la recherche. Dans un second temps la mise en perspective, sous le prisme de la R&D, des enjeux d'avenir tels que le développement durable conduit CNIM à développer des synergies technologiques au coeur même des grands projets structurants.

Toujours un coup d'avance...

La philosophie de CNIM en matière d'innovation est somme toute assez simple: la contribution quotidienne au monde de demain. La R&D est une porte sur l’avenir, elle permet de s’investir dans la construction du futur. Or c'est précisément ce que revendique CNIM aujourd'hui. Cela transparaît non seulement dans son investissement croissant dans les problématiques environnementales, dont la valorisation énergétique des déchets, l'épuration des fumées ou encore le développement de technologies de pointe dans les applications solaires. Cela ressort par ailleurs de l'investissement intellectuel et humain du groupe. « Intellectuel » car on y flaire une soif de relever les nouveaux défis, aussi complexes soient-ils, comme en témoigne la livraison au mois de décembre dernier du premier système d'évacuation du combustible usé pour EPR. « Humain », ensuite, car il implique un travail d'équipe de longue haleine, et une persévérance dans ces challenges dont l’issue n’est jamais certaine. Par conséquent, CNIM a intégré la R&D dans sa culture d’entreprise, dépoussiérant les stéréotypes archaïsants de l’industrie lourde. Il s’agit pour le groupe d’un positionnement stratégique volontaire et singulier qui, en mettant l’innovation au cœur de sa dynamique de croissance, se prend à rêver de nouveaux défis à relever.

Cité dans cet article: : CNIM environnement industrie R&D stratégie énergie