Le Progrès Technique

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L'essentiel de l'information industrielle du moment

Depuis quelques jours, des enquêtes journalistiques s’accumulent en dénonçant la dangerosité du saumon d’élevage d’origine norvégienne. A la veille de Noël, s’agit-il d’info ou intox, info et intox en cette veille de Noël ?


Des pesticides offerts aux saumons pour Noël
Un progrès technique des pesticides pour une aquaculture intensive

L’aquaculture intensive est-elle une bonne solution ? Ce que l’on appelle aquaculture n’est qu’une transposition des poulets de batterie au poisson. Le milieu ambiant n’est plus l’air, mais l’eau de mer. Il est possible de ventiler l’air des fermes animales avec de grands ventilateurs et de curer les hangars d’élevage avec des appareils modernes pour évacuer la fiente et désinfecter l’ensemble. Pour l’eau de mer, le principe est un peu différent. Les déjections ne peuvent pas être filtrées aussi aisément. L’eutrophisation, qui se caractérise par une dégradation du milieu aquatique s’avère difficile à endiguer.

Alors, les aquaculteurs ont recours à des pesticides adaptés, modernes développés par des industriels spécialisés peu connus du grand public, comme Cargill ou Bunge. Les pesticides spécialisés pour l’agroalimentaire à destination des éleveurs, céréaliers, conchyliculteurs, ostréiculteurs, aquaculteurs,… regorgent de principes très étudiés et qui permettent à la fois un développement optimal des produits et un assainissement du milieu de vie des produits à élever.
Par ailleurs, pour le poisson, il existe d’autres éléments très sophistiqués qui permettent de contenter le marketing des distributeurs. Pour le poisson, des produits qui s’apparentent aux engrais permettent d’en accélérer la croissance. Pour le saumon ou la truite, il est possible de recourir à des substances très techniques, qui ne sont pas des colorants, mais des éléments qui vont colorer d’une certaine manière la chair de poisson. Ainsi, pour répondre à la demande de certains pays, le saumon pourra être plus pâle ou plus rouge.

Pesticides : un cadeau dangereux juste pour les consommateurs de saumon ?

La consommation de saumon s’est banalisée. Les prix ont fortement chuté par rapport aux années 1980 où le saumon, principalement sauvage était un produit de luxe, comme le foie-gras et le caviar.
L’aquaculture a permis d’aplatir les pics de saisonnalité. Le saumon reste un poisson facile à cuisiner et sans arêtes pour un prix très abordable. Il se retrouve donc assez souvent sur la table.

Il est vrai, que l’aquaculture en milieu marin est fragile. Le Chili en a fait les frais entre 2007 et 2010, avec une épidémie très forte du virus AIS (Anémie Infectieuse du Saumon). La production a donc été divisée par trois.
Alors pour enrayer ces problèmes, les aquaculteurs de l’hémisphère nord n’hésitent pas à arroser les bassins de pesticides. Les hormones aussi permettent d’accélérer la croissance du poisson. Et le saumon n’est pas le seul. Sa cousine la truite est concernée. On ne parle pas non plus du tilapia, ce poisson élevé de manière très intensive que les pisciculteurs chinois ne souhaitent pas donner en alimentation à leurs enfants, ou encore la perche du Nil, la Dorade de Grèce,…

Alors à ce rythme, il ne faudrait plus rien manger. Le saumon est victime d’une crise alarmiste. Même l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) a émis (en juillet) des recommandations de modération de consommation de poisson (pas plus de deux fois par semaine, et seulement une fois pour un poisson gras).

La recommandation serait donc de privilégier la consommation de saumon sauvage, au même titre que la volaille de plein air. Le prix reste cependant bien plus élevé.