Le Progrès Technique

p-technique

L'essentiel de l'information industrielle du moment

Nous aurons tous besoin de lunettes tôt ou tard. Et les lunettes coûtent cher. Internet se met à louvoyer dans le marché optique français. Lunettes, mon amour, une histoire très lucrative pour le fondateur de Meetic qui a lancé Sensee. Est-ce bien censé ?


Deux yeux, une paire de lunettes et bientôt internet
L’opticien français : miracle de la vue retrouvée

Quelle invention que sont les verres correcteurs. C’est un véritable problème de société. Celui qui voit aura sa vie changée. Alors, l’opticien a une fonction bienfaitrice primordiale au même titre que les commerçants de bouche. Et Maslow n’a qu’à bien se tenir puisque les sens devraient tous rentrer dans la base de sa pyramide.
Il ne s’agit pas de magiciens, mais presque. Finalement, l’opticien est vu souvent, pour ajuster ses lunettes pour remettre un patin bien fatigué ou qui a sauté malencontreusement. Et puis en cas de casse ou de rayure, il est toujours judicieux d’aller voir son opticien non pas pour le conseil, mais pour résoudre un problème et éviter d’avoir de se voir parasiter la vie quotidienne.

Un système français en retard sur ses voisins

Pour une action vitale, la sécurité sociale ne rembourse quasiment rien. Effectivement, cela peut paraître un luxe de porter une monture Paul & Joe, Bambou, Ralph Lauren,… Mais ici le luxe côtoie le stricte nécessité de voir. Alors, les mutuelles sont là pour combler le trou, pas celui de la sécu, celui du consommateur. Une paire de lunettes vaut en moyenne 470 euros chez un opticien. A peine 10%sont remboursés par la sécurité sociale. Alors les mutuelles prennent le relais au détriment des soins dentaires (source Le Monde 16-12-2013 Economie p4.).
Or, le montant d’indemnisation de la sécurité sociale ne correspond même pas au prix de revient des lunettes. Alors, c’est à se demander si la vue est une nécessaire. La Ministre de la Santé doit avoir son idée (elle ne porte pas [encore] de lunettes devant les medias).
Certes les lunettes coûtent cher, mais nos voisins anglais n’ont pas besoin de se rendre chez un ophtalmo pour se faire prescrire des lunettes. L’optométriste a fait son apparition, et un opticien revêtu de cette spécialité outre-Manche peut prescrire des lunettes.
Par ailleurs le marché de l’internet dans ce pays comme dans d’autres a mangé des parts de marché aux grandes enseignes d’optique. Et ce n’est pas le cas en France.

Internet et l’optique, ou une paire de lunettes low-cost

Après Meetic, un vrai cyber-soap à la française, Marc Simoncini, le fondateur de Sensee, s’est mis à la sauce verre. Il vise une prise de part de marché de l’optique par internet de 10%. Il s’agit pour lui de prendre les clients qui n’ont pas les moyens de se payer des lunettes (15 à 20% du marché).
L’idée est bonne de démocratiser la vue corrective, mais que va devenir le service ? L’ajustement est nécessaire, en cas de casse, il faudrait renvoyer la paire et en recevoir une nouvelle une semaine plus tard ? Cette dématérialisation des relations médicales fondamentales risquent de rendre maboul la société.
Au-delà de cela, il est tout à fait pertinent pour le consommateur de ne pas payer des services auxquels il n’a pas besoin, comme l’anti-reflet ordinateur ou autre option surtaxante. Mais de là à démocratiser la lunette bas de gamme, il est forcé de comprendre que la sécurité sociale va encore baisser ses forfaits et que voir deviendra un luxe à part entière.