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Le « cloud gaming » va de plus en plus faire son apparition. Au dernier salon spécialisé, le « Consumer Electronic Show » de Las Vegas, Sony a annoncé pour l’été 2014 le lancement de son propre cloud gaming. Ubisoft a également lancé cet automne 5 jeux phares en cloud gaming. Quel avenir pour éditeurs de jeux et distributeurs de consoles ?


Jeux vidéos sur le cloud
Les plus du Cloud gaming

Ce dispositif permet de générer une interactivité entre plusieurs interfaces de jeux vidéo. Pour un même jeu, plusieurs joueurs pourront donc jouer ensemble comme par exemple pour le dernier Skylanders qui fonctionne sur Wii et sur Playstation.

L’avantage le plus considérable s’avère une puissance de calcul qui permet donc de jouer de manière complètement réaliste sans interruptions d’un niveau à un autre. La puissance de calcul est localisée sur des serveurs distants et ainsi, ce n’est pas le processeur de la console, de la plateforme qui est utilisé, dont l’efficacité reste limitée, et qui peut vite saturer.

Par ailleurs, le cloud gaming pourrait permettre de démultiplier les plateformes. En effet, si des joueurs pourraient utiliser des consoles différentes, à terme, les joueurs pourraient utiliser directement d’autres supports, tels des ordinateurs, des tablettes, des smartphones,…

Un modèle économique qui pourrait évoluer

L’industrie du jeu vidéo ne connaît pas la crise. Les éditeurs de jeux tels le français Ubisoft ou l’américain Electronic Arts, ont commercialisé à plusieurs fournisseurs de consoles leurs jeux : Sony, Nintendo, Xbox,…
Le jeu concurrentiel devenant plus mature, des contrats d’exclusivité ont été signés. C’est ainsi que certains jeux sont sortis en premier chez un fournisseur de consoles, et les autres devaient attendre un certain temps. Ensuite, les exclusivités sont devenus spécifiques et moyennant accord financier, les éditeurs ne pouvaient pas commercialiser un nouveau jeu de manière définitive à d’autres fournisseurs de consoles.
Avec le cloud gaming, ce modèle de partenariats commercial pourrait sauter, puisque pour certains jeux, il n’y aurait plus besoin de supports spécifiques.
Serait-ce la fin des consoles vidéos ? Cela semble assez inattendu. Néanmoins, un fournisseur se doit logiquement de travailler sur cloud avec une exclusivité d’un jeu de manière définitive, sinon plus aucune console ne se vendra. Avec sa tablette, il faudra juste acheter le jeu en ligne chez l’éditeur.

Quête de notoriété des éditeurs de logiciels

Les lapins crétins, créés pas Ubisoft, sont aujourd’hui bien assimilés à l’éditeur. Il y a encore quelques années, personne du grand public ne connaissait Ubisoft, juste les lapins crétins. Les éditeurs aujourd’hui sont présents et connus, compte-tenu du marché à gagner. Les fournisseurs de jeu deviennent des concurrents potentiels des fournisseurs de consoles.

Les partenariats commerciaux vont donc laisser la place à des partenariats stratégiques sous peine de voir des fournisseurs de consoles disparaître. Compte-tenu des investissements colossaux pour un nouveau jeu, il est évident que les partenariats trouveront leur place pour financer les développements par les fournisseurs de consoles. Ces derniers devront aussi miser sur la R&D afin de différencier leurs produits tant en termes d’ergonomie que de réalisme des sensations. Le cloud gaming va donc donner un coup d’accélérateur à l’industrie du jeu vidéo.