Le Progrès Technique

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L'essentiel de l'information industrielle du moment

Les mouvements se multiplient pour engager les consommateurs dans un soin particulier pris pour s’alimenter. Quel progrès peut-on identifier entre décroissance, locavore, mondialisation,…


L’écoresponsabilité débarque dans nos assiettes
Un phénomène sociétal

Comment pouvons-nous parler de croissance si l’on consomme moins lorsque l’on est décroissant ? A vrai dire, la question n’est pas tout à fait correcte. Il s’agit de consommer mieux et différemment. Les décroissants, qui se caractérisent par une certaine autarcie dans les pratiques quotidiennes ont surtout des motivations qui permettent de réduire sensiblement l’empreinte carbone, et d’éviter le gaspillage. Un décroissant n’est donc pas un consommateur qui va empêcher la croissance.

Le locavore, de son côté, ne va pas cultiver ses pommes de terres dans son jardin, surtout s’il n’en a pas. Il va donc faire en sorte de réduire l’empreinte carbone en consommant exclusivement des produits fabriqués dans un périmètre restreint. Fini les bananes qui parcourent des milliers de kilomètres par avion, ou les pommes en toutes saisons, en provenance d’Afrique du Sud ou du Chili, qui sont à plus de 9500 kilomètres de l’hexagone.

Pour prendre conscience de ce que nous mangeons dans notre assiette, le sustainable Restaurant Award (SRA), a été créé en 2010 et récompense annuellement des restaurants exemplaires en la matière.

Manque de communication et désinformation
Ce qui manque le plus, c’est la notoriété de l’écoresponsabilité dans l’assiette. La confusion pour la plus grande partie des consommateurs est énorme. Et les clichés vont bon train. Par exemple, un consommateur ecoresponsable ne va pas forcément se nourrir d’insectes ou de produits qui n’ont pas l’habitude de se retrouver dans une bonne assiette française. On peut justement s’alimenter de la même manière avec des produits responsables qui sont généralement des produits de qualité.

Le segment bio est aussi proche de l’écoresponsabilité mais n’est pas une nécessité. Ce label faiut partie de l’écoresponsabilité, ne d’autres produits non certifiés par Ecocert peuvent tout à fait rentrer dans une dynamique d’écoresponsabilité.

Le chemin de l’écoresponsabilité passe aussi par l’éducation, puisque manger des produits de saison ou encore utiliser des ingrédients locaux devrait devenir un standard pour consommer mieux et consommer intelligemment. Ainsi des chefs engagés comme Thierry Marx donnent des cours de formation culinaire, où le bon sens et la simplicité sont au rendez-vous. Ainsi, cuisine et mode d’emploi (CME) est un laboratoire qui a cette vocation de promouvoir l’écoresponsabilité dans l’alimentation.

Et ce n’est pas un hasard, si les grandes marques comme Malongo, Exki, Cereal, Bjorg parrainent ces évènements. Il s’agit aussi d’une publicité détournée dans l’éducation de l’écoresponsabilité. Et cela peut être trompeur, puisque écoresponsabilité n’implique pas forcément produits bio ou diététiques, locavore attitude et consommation par la décroissance. Alors, regardez mieux votre assiette et dégustez vos plats, non seulement c’est un réflexe responsable, mais le plaisir est obligatoirement au rendez-vous.