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Malgré des contraintes lourdes qui pèsent sur les sociétés aujourd’hui, certains dirigeants prouvent que la formation continue peut permettre à l’entreprise de se développer plus rapidement. Nous explorons ici brièvement le concept de formation continue tel qu’il est envisagé par Cegos, Noriah RH, Eric Jacquemet (TNT) ou encore Bernard Gatimel (CFA-BTP).


Flickr / Andrew_1000
Eric Jacquemet, le jeune patron de la filiale française de TNT Express, géant de la messagerie, croit à la formation continue. Installé à Lyon, il déclare dans un entretien au quotidien La Tribune : « ma conviction est qu'apprendre tout au long de la vie est essentiel pour se développer. Et, en ce domaine, je crois en l'implication des managers, ce sont eux qui m'ont formé, ce sont eux qui m'ont fait confiance ». Eric Jacquemet croit en la formation continue comme un investissement pour les hommes, aussi bien que pour l’entreprise, et ne la perçoit pas comme un coût. Il n’est pas le seul. « La formation n'est pas à considérer comme une charge mais comme un investissement », lance Bernard Gatimel, le président du CFA-BTP de Haute-Garonne, lors de l’inauguration de la plate-forme pédagogique du CFA BTP Pierre-Paul Riquet à Muret.

Certes, depuis 1971, nos lecteurs doivent savoir que, peu à peu, un droit de la formation a été instauré pour aider les entreprises à investir dans la formation. Aujourd’hui, si vous dirigez une entreprise de plus de 20 salariés, vous devez payer 1,6 % de la masse salariale au titre de la formation continue, dont 0,20 % est affecté au congé individuel de formation, 0,50 % à la professionnalisation et au DIF, et 0,9 % au plan de formation et à des versements divers.
Mais ces obligations légales seraient stériles sans véritable volonté de former. Ainsi, une étude menée en Europe par la Cegos, le premier formateur privé du vieux continent, montre que les salariés français se voient proposer moins de stages par leurs employeurs que leurs
homologues britanniques (respectivement 49 % pour les premiers, 61 % pour les seconds).

En Grande Bretagne, aucune obligation légale ne pèse sur les entreprises en matière de formation continue. Tout repose donc sur l’implication de quelques leaders motivés. Ces leaders sont souvent des hommes de terrain, qui connaissent concrètement l’entreprise et qui souvent, ne sont pas passés par les grandes écoles. Ces patrons, comme Eric Jacquemet, peuvent être d’anciens responsables commerciaux.

Ils connaissent les hommes et instaurent des méthodes efficaces de gestion des ressources humaines. Ils défendent avec conviction les avantages d’une formation sur le terrain. Concrètement, chez TNT Express, des salariés sont sélectionnés pour leur expertise technique et leur leadership, afin de transmettre leurs compétences aux plus jeunes. Depuis juin 2009, ils suivent des « formations de formateurs ». Cette méthode de formation n’est pourtant pas très onéreuse. Mais tellement efficace ! Car il faut bien le dire, pour Eric Jacquemet, la formation est un formidable outil de motivation des salariés.

Néanmoins, pour que la formation devienne un véritable investissement, il convient d’agir de manière pragmatique et de réaliser un plan en quatre étape:
  • D’abord : favoriser un consensus sur les besoins en formation, entre le salarié et l’employeur.
  • Ensuite, inventer de nouvelles pratiques de transmission de la connaissance. Les stages, certes, mais aussi les visites, les groupes d’échange et le e-learning.
  • Après quoi, systématiser les évaluations à l’issue d’une formation.
  • Et enfin, développer une organisation qualifiante dans l’entreprise, par exemple en déléguant des missions complémentaires au salarié pour qu’il développe d’autres compétences.


Auteur: Solène Harimi
Solène Harimi est psychothérapeute et consultante en relations sociales depuis 12 ans.