Le Progrès Technique

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Processus et métiers

Le passage au numérique révolutionne les métiers de l’audiovisuel. Les acteurs peuvent ne plus être réels, et les fictions peuvent sembler crédibles et réelles. Où est la vérité ?


Le cinéma et ses nouveaux métiers
Numérisation : fin de la pellicule et fin de métiers

La pellicule photo comme vidéo a été complètement abandonnée. Les bandes magnétiques aussi sont à remiser, caméscopes VHS, Betamax,… font partie des antiquités. Les métiers évoluent et le développement des métiers dits 3D est en croissance forte. Les assistants opérateurs qui s’occupaient des installations, de la logistique sont devenus des data managers qui sont garants des contenus et sauvegardes numériques. De la même manière, les monteurs qui pouvaient de manière antique, découper le film, le recoller avec un peu de scotch ont vu leur métier se transformer. Tout se passe sur un ordinateur hyper puissant, capable de traiter les images une par une en un temps record.

Cette activité exclusivement réservée encore il y a quelques années aux professionnels devient accessible à n’importe quel passionné de vidéo. La plupart des caméscopes vendus aujourd’hui sont livrés avec un studio virtuel de montage à installer sur son ordinateur de manière à monter le plus aisément possible un film ou un court métrage. Les effets spéciaux hier très coûteux et très techniques se sont banalisés. Les techniciens du cinéma associés à cette spécificité des effets spéciaux sont dorénavant plus des informaticiens que des techniciens de l’image. Les formations ont-elles –aussi évolués avec cette mutation rapide du secteur de la cinématographie. Et la 3D effets spéciaux ont leur évènement : le festival Paris FX, qui se focalise sur les dernières trouvailles et réalisations de 3D et effets spéciaux. Le festival a lieu les 4 et 5 décembre 2013 à Enghien-les-Bains. Et là encore, de nombreux Après la guerre 39-45, le Technicolor a fait son apparition. Aujourd’hui, les post-productions de couleurs, ou de température de couleur, sont du domaine de l’optique numérique et beaucoup moins de l’artistique.

Perméabilité du réel et du fantastique

Le problème, c’est qu’avec toute cette technologie, les métiers évoluent et la part de réalité diminue. Tout devient en grande partie sciemment construit, non seulement pour les productions de cinéma mais également pour les reportages d’informations et de documentaires.

Et cela actionne la nouveauté des formations cinématographiques. Les cursus sont très convoités et toutes les universités, essentiellement regroupées autour de Paris détiennent leur spécificité cinématographique. A peu près 1000 étudiants sont inscrits à la Sorbonne en licence et à peine la moitié en master. Les places d’admission sont très élitistes. Et pour sélectionner, des projets doivent être présentés, mêlant le réel et le virtuel, sans savoir où se situe la ligne de démarcation. Alors, les métiers du cinéma, très informatisés empiètent sur les formations IT, la communication, le journalisme.

A tel point que l’on peut se demander si ce qui pourra être diffusé en information lors de magazines de sociétés ou politiques sera bien réel. Il est très facilement possible de créer une personne complètement crédible et inexistante physiquement. S’il s’agit d’un candidat à la Présidence de la République, tout est « jouable ». Les manipulations peuvent donc être de mise, alors, nouveaux métiers implique aussi éthique dans l’utilisation des nouveaux moyens.

Cité dans cet article: : cinéma industrie R&D