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Les entreprises intéressées par la cession de l’opérateur mobile SFR ont toutes déposé leur candidature auprès de Vivendi, l’actuel propriétaire. Convoitée, les opérations d’influence ont commencé aussi bien avec le propriétaire privé qu’avec l’Etat.


Le lobbying pour un achat : une innovation technique
Technique financière

Vivendi met la pression pour permettre à sa filiale SFR d’être désirée par des acquéreurs. L’embarras du choix ne va pas manquer, puisque tous les grands acteurs étaient intéressés. C’est Henri Lachmann, du conseil de surveillance de Vivendi qui mène la danse et sert de référent auprès de Jean-René Fourtou, le PDG de Vivendi. Une stratégie est bien orchestrée pour permettre d’être désiré.

Le Groupe de communication qui recentre sa stratégie et a décidé de céder SFR qui n’est plus dans son cœur de business compte bien tirer de cette opération au moins quinze milliards d’euros.

Le PDG d’Altice, Patrick Drahi, véritable financier dans l’âme etqui détient Numéricable, a déjà dégaîné en communiquant ouvertement de son grand intérêt pour SFR. Altice a déjà déposé un dossier complet. Chez l’opérateur, on assure que « les avocats des différentes parties sont en train de finaliser le dossier pour signature et le soumettre au conseil de surveillance de Vivendi ».

Le montage financier d’Altice pour l’achat de SFR s’effectuerait sans doute avec un LBO, très chère à M. Drahi. L’opération endetterait ainsi de manière durable et importante Altice et SFR : environ plus de dix milliards d’euros de dette.
Vivendi pousse aussi à Bouygues de formaliser une offre. C’est ainsi que ce dernier a su répondre à l’appel du pied. Au dernier moment, le dossier est parti, pour montrer que chez les Bouygues, on savait aussi faire pression avec une attente interminable pour Vivendi. Bouygues détient une force sur un Altice puisque le montage financier d’une croissance externe par la dette n’est pas une pratique de l’entreprise de BTP. Les risques sont donc moins importants.

Lobbying dans tous les sens

Le gouvernement doit aussi donner son accord dans ce rachat, pour ce secteur stratégique et extrêmement réglementé. A première vue, la montée en puissance d’un Free avec SFR aurait pu conduire à la mort de Bouygues Telecom par un problème de taille critique. C’est sans doute une raison pour laquelle Xavier Niel, le PDG d’Iliad, qui détient Free n’a pas souhaité rentrer dans l’opportunité de reprise. C’est extrêmement fair play pour un homme d’affaires.

Martin Bouygues a rencontré François Hollande sur le sujet. La sensibilisation est faite du point de vue du domicile fiscal d’Altice qui est aux Pays-Bas. SFR pourrait ainsi passer sous pavillon étranger.

Enfin, M. Drahi est allé rencontrer Mme Pellerin, ministre de l’économie numérique et M. Montebourg, Ministre du redressement productif, pour rassurer sur l’objectif d’Altice qui serait de « ne pas licencier » chez SFR en cas de reprise.
Les jeux ne sont pas encore faits, mais les rendez-vous se multiplient à haut niveaux, ce qui pourrait faire encore monter la valorisation de SFR. Un technique nouvelle de négociation où ce n’est pas l’acheteur qui a les cartes en mains, mais le vendeur !

Cité dans cet article: : achat innovation lobbying négocation