Le Progrès Technique

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À l'image du constructeur Flos qui fabrique des lampes en bioplastique et de l'alliance entre Bekaert, Voestalpine Plastics Solutions et BASF, qui mène des recherches sur une forme de plastique incassable, les innovations et les procédés de fabrication du plastique sont aujourd'hui nombreux.


Le plastique innovant
La Mis Sissi

Lampe dessinée par Philippe Starck, un grand nom du design de l'éclairage, la Mis Sissi est née en 1991. Et voilà qu'aujourd'hui, le constructeur Flos lui apporte une touche écologique en remplaçant sa structure en polycarbonate par du bioplastique PHA. Une écoconception couvée pendant cinq ans par la société italienne bio-on. Contrairement au polycarbonate, un plastique couramment utilisé et très polluant, le plastique de bio-on est totalement biodégradable. De plus, il s'agit d'un bio-polymère PHA (polyhydroxyalcanoate) qui contrairement aux autres polymères bios sourcés, ne nécessite pas l'utilisation de solvant, car il est obtenu à partir de jus de cannes à sucre ou de mélasse. En effet, la plupart des plastiques bio sourcés utilisent de l'amidon, de l'huile ou encore des céréales. Ainsi, outre l'absence d’incidence sur le cycle alimentaire, le bio-polymère de bio-on n'est polluant ni lors de sa production, ni lorsqu'il se retrouve dans la nature. Ses propriétés permettant des procédés d'extrusion et d'intrusion, le bio-polymère PHA devrait permettre autant d'applications que celles du plastique couramment utilisé. C’est donc une nouvelle ère technologique qui débute, avec notamment des possibilités prometteuses dans les secteurs de l’industrie et de la grande distribution, grands consommateurs de plastique.

La technologie EASI

Autre exemple d'innovation sur les matières plastiques : la technologie d'injection EASI (Énergie, Absorption, Sécurité et Intégrité), développée depuis 2010 par Voestalpine Plastics Solutions, Bekaert et BASF. Le trio a en effet formé une alliance pour créer un plastique incassable dont l'objectif est de permettre à la structure d'une pièce en plastique, d'être conservée en cas de choc violent. Il s'avère que ces objets réagissent aux collisions en se cassant, alors qu'avec les pièces obtenues par la technologie EASI conservent leur intégrité. Une technologie qui permet donc de renforcer les capacités d'absorption et d'intégrité d'une pièce en plastique en cas de collision, et ce, grâce à un renforcement par des câbles d'acier. Ces câbles, que sont les ‘‘steelcord ’’ de Bekaert, apportent ainsi une résistance optimale à ces pièces, et grâce au savoir-faire de Voestalpine Plastics Solutions, ils ont été utilisés dans le procédé de fabrication. De même, les compétences de BASF ont permis d’optimiser les pièces en fibre courte ou longue. Ainsi, l'alliance des trois entreprises aura abouti à une innovation majeure, à savoir qu'une pièce en plastique créée par la technologie EASI, même endommagée, conserve ses propriétés d'absorption de l'énergie. Des propriétés qui intéressent en premier lieu l'industrie automobile, car elles permettraient d'améliorer l'absorption des impacts en cas de collision entre véhicules. Toutes sortes de pièces peuvent ainsi être fabriquées, et ce, grâce au moulage par une injection de thermoplastiques tel l'Ultramid. Autrement dit, les pièces EASI ont de l'avenir.