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L'essentiel de l'information industrielle du moment

Qu’on le regrette ou qu’on s’en félicite, finie l’ère du chacun pour soi en matière de savoir universitaire. L’irruption du numérique a contraint l’université à repenser non seulement son savoir et sa transmission, mais aussi ses modes de stockage et d’information. Les géants du cloud sont à la manœuvre.


Les Universités, early adopters du Cloud Computing
Assez paradoxalement, c’est l’une des plus anciennes universités européennes qui a ouvert le bal en matière de cloud computing universitaire. Oxford, l’une des grandes références en matière d’enseignement supérieur a été la première à s’interroger, puis à dessiner et mettre en place les réponses aux défis que représentent l’utilisation exponentielle du numérique. L’enjeu est aussi colossal, en termes économiques et techniques que simple à expliquer : il n’est dorénavant plus envisageable de demeurer à l’ère du chacun pour soi.
 
Documents, bases de données, travaux de recherches, ressources pédagogiques sont autant d’informations que les entités d’enseignement ne peuvent garder sur leurs serveurs propres. Par souci de sécurité, autant que par commodité, il est nécessaire que ces éléments soient stockés dans un espace numérique unique et hyper-sécurisé, mais surtout accessible à tous, dans un esprit de mutualisation.
 
En France, le projet de cloud universitaire, intitulé UnivCloud, va prendre son envol au courant de l’année 2014, après une phase d’étude et de faisabilité d’une durée de vingt et un mois,  qui s’est achevée en juillet 2013. Réunies au sein de l’UNPidf ((Université numérique Paris Ile-France), 36 institutions du second degré ont mis en commun leur ambition. Ce programme a reçu le label « investissement d’avenir » par les Pouvoirs publics.
 
Cinq mois de tests « grandeur nature » ont permis de définir les besoins et de tracer les lignes de fonds pour mutualiser les ressources informatiques entre les différents établissements, de façon à les rendre accessibles tant aux étudiants qu’aux enseignants et chercheurs. Un chantier titanesque et inédit organisé autour de cinq têtes de ponts tecnologiques : ActiveEon, Cedexis, EMC, VMWare et Cofely Ineo. Pour des raisons évidentes de taille et de savoir-faire, cette dernière structure est le pilote du projet. Avec quelques 15 000 collaborateurs répartis notamment sur 300 sites en France, la filiale de GDF Suez a depuis longtemps affirmé son leadership en matière de solutions globales des systèmes d’information et de communication, capable de répondre à la demande de de la conception initiale jusqu’à la maintenance au quotidien.
 
Thomas Peaucelle, directeur général délégué de Cofely Ineo, s’est investi avec passion dans ce projet d’UnivCloud. « Ce qui m’intéresse à titre personnel, confie le « Monsieur Projet » d’Ineo, c’est le fait d’arriver à mettre en connexion des sujets, des disciplines et des savoir-faire extrêmement divers. Je cite souvent Léonard de Vinci car il résume, selon moi, cet esprit : artiste accompli, il n’en reste pas moins un très grand scientifique dont la portée des travaux retentit encore aujourd’hui ».
 
Une jolie mise en perspective pour un chantier qu’il convient de ne surtout pas réduire à une performance technologique. UnivCloud, c’est d’abord le dynamisme d’un partenariat, alliant les forces du secteur public et des entreprises privées. C’est aussi l’alliance d’un major de son espèce, Cofely Ineo avec trois start-up de création récente, de dimension inversement proportionnelle à leur dynamisme.
 
Enfin et surtout, UnivCloud, c’est avant tout un outil concret pour les étudiants de demain : à terme, sur ce seul projet, ce sont plus de 600 000 jeunes gens et jeunes filles qui pourront s’appuyer sur le « nuage de savoir » pour travailler.


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