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La puissance de calcul des ordinateurs est telle qu’elle va bientôt pouvoir aborder la complexité des actes chirurgicaux.


Les chirurgiens seront bientôt des robots
Evolution des ordinateurs

Depuis un quart de siècles, la puissance des ordinateurs a été multipliée par un million. Alors, le premier Apple de Steve Jobs est bien loin…

Les premiers robots chirurgicaux, sont arrivés dans les années 2000, comme le Da Vinci. Ce dernier, comme les autres qui ont succédé, sont tous assistés par un praticien chirurgien, notamment pour des opérations extrêmement précises, notamment la micro-chirurgie ou la chirurgie du cerveau. Ces opérations toujours sous contrôle humain et de spécialistes reconnus procurent des surcoûts pour l’intervention de 20%. De plus, les complications chirurgicales sont plus élevées : c’est évidemment plus compliqué pour des opérations très délicates et le risque de facto augmente.

Il existe aujourd’hui environ 2500 robots assistants des chirurgiens. Et avec l’évolution exponentielle de la puissance des ordinateurs, le moment où l’assistant se substitue au maître n’est plus très loin. Le surpuissant ordinateur chinois réalise aujourd’hui 3000 millions de milliards d’opérations par seconde, bien plus qu’un chirurgien. Les décisions seront donc prises immédiatement selon le diagnostic.

Avec le cloud, tout sera mis en commun, et n’importe qui pourrait avoir accès à cette faculté d’opérer, à partir du moment où l’on possède un robot et une salle d’opération. Ce n’est donc pas courant, et le moment est encore loin où l’on pourra se faire opérer chez soi par un robot…

Des médecins et des patients sceptiques

Malgré l’intelligence des ordinateurs et la précision des robots, encore faut-il se demander si le diagnostic est bon et la décision bonne. Même s’il s’agit d’une fiction, la série télévisée inspirée de cas réels « Docteur House », montre bien qu’il faut prendre de la hauteur pour établir un diagnostic et bien décider sur les interventions.

Dans certains cas, pas besoin d’effectuer une opération à cœur ouvert avec un acharnement thérapeutique, mais tout simplement de prendre un médicament tout simple et d’attendre que le mal passe… Ce que pour le moment l’ordinateur ne saura déchiffrer.

Cela n’empêche que le robot médical est en plein essor. Ainsi, la petite entreprise Montpelliéraine de 20 personnes MedTech, dirigée par Bertin Nahum, montre la fulgurante ascension de ces nouveaux entrants. La plupart des entreprises fabricant de robots médicaux sont américaines. Cette situation d’oligopole permet de maintenir des prix de vente élevés. D’ailleurs, le leader américain Intuitive Chirurgical est estimé à 11 millions d’euros…

Les enchères vont bon train, et il est à se demander comme Pierre-Bernard, malade du cœur, en attente d’opération, « si ces robots chirurgicaux ne vont pas finir par tomber dans la poche des entreprises médicales high-tech ». Alors que ce patient a déjà subi un triple pontage coronarien, il se demande si les robots ne vont pas lui poser (ou selon son expression, « vendre ») un cœur artificiel. Effectivement, ces robots intelligents sont programmés et ils pourraient bien diagnostiquer très favorablement des prothèses, canalisations et pièces en plastique en tous genres pour alimenter les entreprises médicales high-tech.