Le Progrès Technique

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Alors que le Groupe de distribution Leclerc vient d’être assigné en justice par le gouvernement pour le motif de protéger ses fournisseurs, est-il général que les fournisseurs de grands groupes soient forcément tenus à l’esclavagisme ? Pas si sûr !


Les fournisseurs sont-ils toujours plus malmenés ?
Une amélioration de la performance par les coûts

Les grands Groupes ont souhaité améliorer leur performance fournisseur grâce à l’optimisation des coûts, à savoir du cash out non généré vers les fournisseurs en particulier.
L’effet est sans doute intéressant, une première fois car il permet à un fournisseur de se remettre en question et d’améliorer ses processus, sa productivité, sa gestion des achats. Mais lorsque le phénomène de gain devient récurrent, il devient un cauchemar. En effet, pour ne pas perdre un marché et sous la complaisance de communication de faire plaisir à son client, le fournisseur va rogner sur ses marges.
Et lorsque le phénomène dure vraiment, les ennuis commencent réellement, tout d’abord la trésorerie pour se terminer par une asphyxie qui peut s’avérer fatale.
Hélas, les grands donneurs d’ordres au niveau des achats orientent de nouvelles clauses de contrats pour leurs fournisseurs qui exigent chaque année un pourcentage de productivité et d’efforts divers. En d’autres termes, cela oblige les fournisseurs à baisser leurs prix de vente chaque année parce qu’ils doivent être plus performants. Alors, il est toujours possible de se rattraper sur une augmentation des matières premières. Mais il s’agit d’un jeu de chat et de souris qui a ses limites et qui ne semble pas avec un peu de recul, vertueux, dans le sens où il y en aura toujours un qui aura l’impression d’y perdre, client ou fournisseur.

Des pratiques auprès de fournisseurs parfois étonnantes

Il arrive dans certains secteurs, comme l’énergie ou l’industrie lourde de voir des fournisseurs pressés par leurs clients de facturer alors que le travail n’est pas terminé. Les écrits comptables priment parfois sur le pragmatisme. Et pour éviter de voir un budget s’envoler ou pour tout simplement le consommer, tous les moyens sont bons pour demander aux fournisseurs des faveurs de facturation.
Dans ce cas, c’est le fournisseur qui aurait l’avantage puisqu’il effectue une faveur auprès de son client, en encourant un gros risque, comme par exemple d’attester une avancée de travaux qui n’est pas réelle.

Un déséquilibre des pratiques déconcertantes

Alors pour un Groupe comme Leclerc qui serait condamné car en toutes circonstances il doit prendre la défense de son client, ce qui semble tout à fait curieux compte-tenu des règles d’indépendances et d’éthique qui doivent être appliquées.
Au niveau commercial, un client a toujours raison. Lorsqu’il y a litige, une négociation à l’amiable reste la plus confortable porte de sortie. Ensuite, la justice peut s’en mêler, et il semble tout à fait impromptu de formaliser un contrat commercial avec des obligations d’actions contraires aux règles d’échanges commerciaux en vigueur.
D’un autre côté, il semble aussi malsain de voir des fournisseurs mener un débat auprès de leurs clients compte-tenu de dispositions administratives particulières.
Tous les fournisseurs, selon les secteurs ne seraient pas logés à la même enseigne, avec le même confort. Techniquement, les règles de commerce et d’achats responsables s’avèrent de plus en plus pressantes pour devenir une norme obligatoire.