Le Progrès Technique

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L'essentiel de l'information industrielle du moment

2013 enregistre la première croissance annuelle depuis dix ans pour le disque français avec 2.3% de hausse. L’industrie musicale a diminué de 63% en valeur en une décennie.


Nouveau modèle économique pour la distribution de musique
Changement de support

Les années 90 furent prometteuses avec l’arrivée du DVD video. Ensuite ce fut la dégringolade avec l’arrivée très attendue d’internet. Les supports n’existent plus ou quasiment plus.
Les copies s’effectuent sur la toile et a conduit le marché du disque au déclin. Et le numérique musical pèse aujourd’hui très lourd : presque six milliards d’euros en France.
Les ventes physiques comptent aujourd’hui pour à peine 1% de la croissance l’année passée.  Le numérique réalise environ un quart du chiffre d’affaires.

Un gros tapage marketing

Qu’est ce qui fait acheter de la musique ? Il s’agit principalement d’un achat d’impulsion ou pour répondre à un trouble envahissant, obsessionnel, enivrant d’une musique dont on ne peut plus se passer.

C’est ainsi que les stars du moment ont permis de doper les ventes de supports matériels et surtout immatériel. Les bonnes figures sont, en premier lieu des casques, à savoir les Daft Punk qui ont raflé cinq récompenses aux Grammy Awards de Los Angeles. Et le marketing reste une arme redoutable. Il est bien certain que sans être casqué, ce groupe musical n’aurait sans doute pas connu autant de succès. C’est également le cas pour le Brusselois, Stromae, qui outre sa voix et la musique dans l’actualité, montre également une figure contrastée qui cultive la curiosité. Son tube où il se présente avec une tête mi-femme et mi-homme en dit long sur l’actualité politique française.
Le fait de choquer et de se différencier attire la convoitise et permet notamment de booster les ventes. C’est en grande partie le succès d’une industrie de la musique qui renoue avec la croissance.

Une concentration des acteurs

Cette crise du disque a obligé les éditeurs de musique à se concentrer. Certains ont mis la clef sous la porte ; d’autres ont été rachetés ou ont fusionné. En 2013, il ne reste plus que trois « majors » : Sony / BMG (Japonais), Warner (Etats-Unis) et Universal (Français).

Ces grands acteurs ont réussi à s’imposer en face des labels indépendants. Leur taux de rémunération reste plus élevé que les indépendants sur les plateformes de service internet comme Deezer ou encore Spotify.
Et les acteurs ne comptent pas en rester là : la création artistique représente leur grande différenciation par rapport aux indépendants. Ces nouveautés seront valorisables et rentables. Les consommateurs pourront ainsi renouer avec l’achat, souvent impulsionnel, qui pourra se négocier cher.

C’est l’artiste qui aura sans doute de quoi s’inquiéter. 10 000 écoutes d’un morceau sont valorisées pour l’artiste à 62 euros de droits. Alors pour gagner correctement sa vie, il serait nécessaire que la totalité de la population française puisse écouter le morceau.
Le modèle économique pour les éditeurs de disque est donc trouvé, mais pas encore pour les interprètes, et encore moins les compositeurs.