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Le Tribunal du Contentieux de l'incapacité de Toulouse vient de rendre un jugement reconnaissant le droit à une allocation pour le handicap "d'électrosensibilité".


Reconnaissance du handicap "d'électrosensibilité"
La justice française a reconnu pour la première fois le handicap dû à l'électrosensibilité. Une personne qui en est atteinte va toucher des indemnités du fait de son incapacité à travailler. Le jugement fait état du "Syndrome d'hyper sensibilité aux ondes électromagnétiques" précisant que "la description des signes cliniques est irréfutable".
La déficience fonctionnelle de la plaignante, Marine Richard, personne atteinte d'hypersensibilité aux ondes électromagnétiques depuis 2010 a été évaluée à 85%. Une allocation pour adulte handicapé lui a été attribuée par décision de justice pour trois ans renouvelables en fonction de l'évolution de son handicap.

Selon Etienne Cendrier porte-parole de Robin des Toits, l'association française qui milite pour la sécurité sanitaire dans les technologies sans fil: "Il s'agit d'un grand pas en avant pour la reconnaissance de ce Syndrome d’Électro-hypersensibilité; la Justice - comme souvent - est en avance sur les politiques". BFM business explique que "l'hypersensibilité aux ondes magnétiques n'est pas reconnue officiellement en France comme maladie et fait l'objet de controverses entre experts. Elle se traduit par des maux de tête, picotements, troubles du sommeil, des symptômes divers, transitoires et communs à de nombreuses affections. Ceux qui se déclarent "hypersensibles" citent souvent les antennes-relais, portables, téléphones sans fil ou wifi comme causes directes de leurs maux." Et ajoute : "L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a reconnu en 2005 que l'électrosensibilité était "caractérisée par divers symptômes non spécifiques qui diffèrent d'un individu à l'autre" et "ont une réalité certaine et peuvent être de gravité très variable". Mais il n'existe ni critères diagnostiques clairs, ni base scientifique permettant de relier les symptômes à une exposition aux champs électromagnétiques, ajoutait-on dans l'étude de l'OMS. Le phénomène serait cependant plus répandu qu'on ne le croit."
 
Interrogée par la Dépêche, Marine Richard explique qu'il y a "urgence à créer des zones blanches, protégées des champs électromagnétiques où des personnes trop affectées peuvent survivre en attendant que la société évolue et qu'on impose aux opérateurs d'abaisser les seuils de pollution." Selon l'association Next-up, il y a jusqu'à 70.000 cas de personnes électrosensibles à des niveaux variables en France.