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La Télé-détection est une discipline encore mal connue du grand public. Regard sur ses applications qui permettent avant tout d’observer sans être vu.


Télé-détection, surveillance de demain ?
Vous avez dit : « télé-détection ?! »

Quand on essaie de comprendre avec le nom, c’est à n’y rien comprendre. Cette discipline du XXIe siècle, prend sa source sur terre, la tête dans les étoiles. Plus vulgairement, les satellites d’observation permettent d’analyser la surface de notre existence. Et il existe de nombreuses utilités, comme d’observer l’avancée du désert, d’identifier les zones urbaines ou encore de manière beaucoup plus secrète d’analyser en direct des fronts de guerre à distance, comme ce fut le cas en Afghanistan.

Techno pointue

La discipline n’est pas simple. Pour la technique, les clichés sont des images, c’est-à-dire des captures d’émissions de bandes spectrales (le jargon emploie le vocabulaire « acquisition ») qui doivent être traitées et interprétées. On est loin des pellicules photo aussi bien dans le visible que dans l’infra-rouge. Comme il s’agit d’une capture numérique, et non d’un précédé chimique, les clichés sont des images et non des photographies. Toutes les bandes spectrales sont exploitées dans une image, souvent loin du visible. Alors l’informatique reste un outil élémentaire, sans compter les mathématiques et les statistiques.

Quelles applications ?

Les applications sont variées. A partir d’images satellites, de bonnes interprétations peuvent anticiper des phénomènes provoqués par l’homme ou encore des dérèglements liés au climat. Cette discipline a d’ailleurs été admise au très élitiste Congrès Mondial de Science du Sol (WP13), ce qui en indique son impact.
Les applications sont donc historiquement liées à la cartographie, soit ici à l’observation de la surface du sol. Cette discipline est d’ailleurs en pointe en France. Elle est surtout discrète. Elle est enseignée à l’école d’agronomie de Paris, AgroParisTech, et sans doute dans les écoles militaires.

C’est ainsi que le laboratoire d’AgroParisTech « Dynamique des milieux et Organisation Spatiale  » est capable d’identifier des zones de pollutions de manière très précise, et par traitements des spectres, d’interpréter les éléments constitutifs. Et la technologie répond à l’exigence des chercheurs puisque les résolutions peuvent aller jusqu’à 60 cm avec le satellite Quickbird 2 ou CNES Pleiades par exemple ! Qui veut bien comprendre qu’avec un satellite, on est capable d’interpréter  de manière très précise ce qui se passe sur terre ?

Surveillance toujours plus poussée

Il est évident que nous ne savons pas ce qui se passe dans l’espace, même avec une lunette astronomique. Et il y a tout lieu de penser qu’il existe de nombreux satellites d’observation non référencés, c’est-à-dire espions, capables de visualiser pour un usage militaire à très haute résolution. Il n’est pas impossible que l’on puisse distinguer des formes de l’ordre du centimètre dans quelques années.

C’est sans doute un moyen à terme pour remplacer toutes les caméras de surveillance extérieure. L’anticipation sera bien plus intéressante, puisqu’à travers des traitements informatiques, pourront être programmés des alertes comme des débuts d’incendie, des agressions, des inondations. Le super calculateur de la NASA Pleiades en est déjà une première matérialisation.
 

Cité dans cet article: : aéronautique innovation performance stratégie