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Les chinois acquièrent la technologie nucléaire par les français, les indiens, souhaitent acquérir l’aviation militaire et l’Afrique les NTIC. Comment la France, peut se protéger dans ces transferts de technologie ?


Transfert de Technologie dans les pays émergents
Transfert de technologie franco-chinois sous condition

C’est en grande pompe que le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, s’est rendu en Chine début décembre 2013. Lors d’un séminaire au Grand Palais du Peuple de Pékin, M. Ayrault a consolidé de manière très solennelle cette entente de trois décennies de partenariat commercial et technologique du nucléaire civil.

Près de 50% des constructions de réacteurs dans le monde sont réalisées par la France. Dans quinze ans, la France produira le tiers du marché mondial. La Chine qui compte de plus en plus s’équiper en centrales nucléaires est donc un partenaire de choix pour la France, comme l’est également la Russie. Le fait de maintenir un partenariat commercial dynamique ne pourra que servir les industriels du nucléaire français.
La plus grande partie des installations nucléaires classiques sont majoritairement fabriquées par les chinois à partir de la technologie française. Et cette attitude d’Areva de lâcher de la technologie chez son client chinois s’avère payante. Les commandes de la Chine sont en constante hausse. Areva construit deux tranches du réacteur de nouvelle génération EPR, à la centrale de Taishan, dans la province du Guandong. Et dans ce cas, elle ne sous-traite absolument pas la production. Le transfert de technologie pourra avoir lieu, mais dans quelques années, une fois que l’EPR aura un successeur en termes de technologie.
L’aviation militaire française en Inde pressurée
Cela fait plus d’un an que Dassault Aviation a entamé un processus de négociation exclusif avec les autorités indiennes en ce qui concerne la vente du Rafale. Et les négociations ne sont encore aujourd’hui pas finalisées.
L’Inde souhaite fabriquer à terme le Rafale en Inde. Les négociations d’intégration en « offset » sont forcément de rigueur, avec des rétro-commissions,… Mais le plus important réside dans le transfert de la technologie. Le Rafale français ne sera pas le Rafale indien au niveau technique. Le descriptif technique est adapté non seulement du point de vue économique, mais également en ce qui concerne la maîtrise de la technologie. En effet, Dassault aviation souhaite toujours maîtriser en exclusivité ses produits phares, et tous les ingrédients ne seront pas « donnés » sans valorisation à l’Inde.

Téléphonie mobile, internet africains

L’Afrique s’avère aujourd’hui plus pertinente en termes d’exploitation et d’utilisation de la téléphonie mobile que la France ou l’Europe en général. Les africain peuvent payer, quasiment n’importe quoi avec leur téléphone, alors que dans l’hexagone, ce mode de paiement peut sembler tout à fait farfelu.
Alors, il semble évident que l’Afrique veuille se doter de la technologie la plus actuelle, la produite en interne et la maîtriser. Ce n’est pas forcément l’avis de tout le monde puisque la plupart des constructeurs et opérateurs de mobiles et réseaux de télécommunications français souhaitent développer le système commercial et d’exploitation de licence. La propriété tant intellectuelle qu’industrielle peut se monnayer cher, mais les français ne l’entendent pas de cette oreille. Ils souhaitent maîtriser la technologie le plus longtemps possible. Et au niveau commercial, le succès est au rendez-vous.

Tout porte à croire que la France garde une longueur d’avance au niveau technologique, et sa suprématie dans ce domaine est donc protégée.