Le Progrès Technique

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Le secteur de l’édition doit faire face au numérique. Pour cela, il se dote de nouveaux patrons, jeunes, qui vont permettre la mutation du secteur en toute sérénité.


Transformation technico-organisationnelle dans l’édition française
Un pas dans le numérique

Le salon du livre s’est terminé hier. Cette 34e édition permet de montrer que les lecteurs sont encore très nombreux. Le salon n’a pas désempli. La technologie cette année s’est vraiment emparée du salon.
Les présentoirs publicitaires avec des flashcodes sont extrêmement nombreux. Cette folie technologique semble utile soit pour télécharger le livre immédiatement avec un code spécial de réduction pour le salon du livre dans certains cas, ou encore pour réfléchir à l’achat du livre lorsque l’on est pas réellement convaincu.

Cependant, les auteurs ont fait le déplacement et seul le bon vieux livre papier peut se dédicacer avec une encre raffinée qui donne non seulement une valeur marchande plus importante au livre en cas de succès, mais plutôt une valeur sentimentale pour avoir rencontré en chair et en os le véritable auteur et bavardé avec lui.
Les plus jeunes, souvent connectés à internet peu après avoir lâché leur dernier biberon sont aussi attirés par les nouvelles technologies du livre. Ainsi, les aventures de Geronimo Stilton, la souris détective, est attablée déguisée, avec un micro et dédicace les livres papiers qui connaissent depuis quelques années un grand succès. Et pourtant, certains ados demandent une dédicace sur une tablette… même si les livre BD ne sont pas (encore) téléchargeables.

Equipe de choc pour redresser le monde de l’édition

Malgré cette frénésie ambiante au salon du livre, le livre numérique qui s’impose rapidement avec Amazon et Google oblige les éditeurs classiques à se transformer.
C’est la raison pour laquelle la « photo de famille » traditionnelle des éditeurs français prise le premier jour du salon montre des mouvements de chaises très importants. Ce sont de jeunes dirigeants brillants et pleins d’espoir qui débarquent aux postes de numéro 1.

Ainsi, Sophie de Closets, 35 ans, a été promue PDG des éditions Fayard. Le jeune quadragénaire Alexandre de Palmas a été recruté chez Madrigall (Flammarion et Gallimard). Guillaume Dervieux, quadragénaire également devrait assurer la relève de l’éditeur familial indépendant Albin Michel faute d’héritier dans la famille.
Tous ces jeunes patrons ont en commun la soif de transformer le monde de l’édition et ainsi prendre le meilleur chemin pour faire évoluer le modèle économique. Les imprimeries ne sont pas encore prêtes à fermer, car le numérique reste encore très marginal, même s’il est en forte croissance.

Enfin, l’organisation doit également changer. Les titres doivent aussi s’adapter à une demande qui évolue sur le fond comme sur la forme. Il semble certains qu’un livre sur une tablette ou liseuse pourra davantage servir pour un usage à but informatif et professionnel et un livre plaisir papier pour le chevet ou le divan. La segmentation serait donc à faire compte-tenu des bouleversements technologiques. Ces jeunes patrons de choc en sont tout à fait conscients.

Cité dans cet article: : industrie livre numérique performance édition