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L'agence de sécurité sanitaire (Anses) a récemment publié deux rapports confirmant les risques liés au Bisphénol A (BPA). Les études sur la nocivité du BPA sur l'être humain sont encore en cours, mais l'Anses considère avoir suffisamment d'éléments pour faire de la prévention. En effet, les résultats des tests menés sur les animaux étant peu rassurants, l'agence lance des recommandations pour les personnes les plus exposées : les jeunes enfants, les femmes enceintes et les adolescents.


Une loi pour l'interdiction du Bisphénol A
Le Bisphénol A
Substance chimique contenue dans la majorité des emballages alimentaires, le Bisphénol A est classé comme un produit reprotoxique. Autrement dit, il influe sur les glandes endocrines à l'origine de l'équilibre hormonal. Ainsi, il a été démontré que l'absorption de Bisphénol A a un impact direct sur la fertilité. Les tests réalisés chez les animaux étant très inquiétants, l'Anses préconise d'être prudent quant à sa consommation. Des tests sur les êtres humains n'ont pas encore été faits, mais l'agence considère cependant avoir suffisamment de données pour envisager une campagne de prévention. En effet, cela fait déjà un bon moment que des risques d'infertilité liés au BPA sont suspectés, et les études menées sur les animaux confirment sa dangerosité. Il est donc temps d'agir. Déjà reconnu comme le poison des biberons, le Bisphénol A est un composant que l'on retrouve dans de nombreux plastiques et conserves, et a d'ores et déjà été retirer des composants rentrant dans la fabrication des biberons. Ainsi, on en trouve dans le revêtement des canettes, dans les boites en plastique, les bouteilles d'eau, les boites de conserve et même dans les tickets de caisses. Cette substance est donc très répandue et même à faible dose, peut avoir des effets néfastes sur la fertilité. Il convient donc d'éviter d’en absorber trop.
Éviter d'absorber trop de BPA
Pouvant causer des troubles de la fertilité féminine ou encore être à l'origine de pathologies cardiovasculaires, le Bisphénol A est une substance dangereuse dont l'absorption même en très faible quantité peut avoir des effets nocifs. Vu son utilisation massive, toute la population y est exposée, et l'Anses réclame un étiquetage systématique des produits contenant la substance. Sans avoir pour le moment de données précises des effets sur l'être humain, l'Anses recommande de protéger les populations fragiles que sont les jeunes enfants, les femmes enceintes et les adolescents. C’est pourquoi cette dernière réclame un étiquetage, car ainsi les personnes sensibles, mais aussi les autres pourront mieux contrôler leur absorption de Bisphénol A. Sachant que le niveau d'imprégnation nocif est de 6 mg par litre d'urine et qu'à partir de 2 mg ce niveau témoigne déjà d'une exposition récurrente, les risques sanitaires sont bien réels. En effet, 60 % des Français ont plus de 2 mg de Bisphénol A par litre d'urine et 20 % en ont plus de 6 mg. Il devient donc urgent de contrôler l'exposition de la population par l'étiquetage dans un premier temps. En attendant d'en savoir plus sur les effets du BPA et son éventuelle interdiction, il convient de limiter sa consommation de boites de conserve et autres produits qui contiennent la substance. Il faudra en outre ne jamais chauffer de plastique au micro-ondes et préférer les emballages en verre.

Cité dans cet article: : bisphenol A production risque